Hirondelle ,(martinet) tombé du nid..mais sauvé !

Hirondelle ,(martinet) tombé du nid..mais sauvé !
Fidèles hirondelles
(René-François SULLY PRUDHOMME 1839-1907)
Stances : la vie intérieure


Toi qui peux monter solitaire
Au ciel, sans gravir les sommets,
Et dans les vallons de la terre
Descendre et planer dans l'air,


Toi qui, sans te pencher au fleuve
Où nous ne puisons qu'à genoux
Peux aller boire, avant qu'il ne pleuve
Au nuage trop haut pour nous ;


Toi qui pars au déclin des roses
Et reviens au nid printanier,
Fidèle aux deux meilleures choses :
L'indépendance et le foyer.


Comme toi, mon âme s'élève
Et tout à coup rase le sol
Elle suit avec l'aile du rêve
Les beaux méandres de ton vol.


S'il lui faut aussi des voyages,
Il lui faut son nid chaque jour,
Elle a tes deux besoins sauvages :
Vivre libre dans l'intense amour.


# Posté le vendredi 19 octobre 2007 03:49

OCTOBRE EN FORET

OCTOBRE EN FORET
. Rêves d'Automne -

Alphonse de Lamartine


Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui
Je me retourne encore et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyr ;
A la vie, au soleil, ce sont là mes adieux ;
Moi, je meurs et mon âme au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.
# Posté le jeudi 18 octobre 2007 15:26

MOULIN A VENT

MOULIN A VENT
Il se dresse là
Avec sa coiffe grise
Son long gouvernail
Son escalier rigide
Et quatre ailes rouges.
Hautes dans le ciel
Tournoyant en plein vol.

A une corde pend un sac
Qui monte lentement
Et le meunier poudré de blanc
Siffle un air à son aise
Il pousse cet air, heureux de vivre
En tirant le sac par la fenêtre.

Les ailes girent follement
Les roues tournent et voltigent
Les meules grincent et ronflent
Entre temps le grain est descendu
En haut ce grain était entier
En bas il est poussière de farine.

Si Dieu ne permettait plus le vent
Le meunier aurait grand chagrin
L'homme ne saurait plus que faire
Il doit avec le vent gagner son pain.
# Posté le jeudi 18 octobre 2007 09:57

GIVRE

GIVRE
Givre matinal

Le givre du matin
Tapissait le jardin
Et devenu blanc le gazon se plaignit

On m'a dénaturé
Pas seulement refroidi
Je me plaindrai
Dit-il
A qui de droit
Quand viendra l'heure

Qui de droit ne se montra jamais
Mais le soleil en milieu de journée
Rendit à l'herbe désolée
Tout l'éclat de sa verdeur

Jacques Herman
# Posté le jeudi 18 octobre 2007 09:23

COUCHER DE SOLEIL

COUCHER DE SOLEIL
Un coucher de soleil, en Bretagne

Un coucher de soleil sur la côte bretonne
Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume.
Au loin, brillante encore par sa barre d'écume,
La mer sans fin, commence où la terre finit !

A mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait. L'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
Seul l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

José Maria de Hérédia 1842-1905
# Posté le jeudi 18 octobre 2007 09:14